Aux côtés de Backrooms, ce film d’horreur fait un carton. Un YouTubeur derrière la caméra, c’est peut-être ça la recette magique !

J’ai vu le film il y a quelques semaines déjà, et c’est tout simplement l’un des meilleurs films d’horreur de l’année.

Mais un film où tu souhaites que ta meilleure amie t’aime à la folie, qui parle de dépendance affective et de surattachement, et où, dès le début, un chat mort est utilisé comme message subliminal… Antho qui vous parle de ça, c’est un peu comme si Xavier Dupont de Ligonnès vous écrivait un avis sur une chape de béton.

L’un étant introuvable, l’autre avec un classement sans suite… si tout le monde est prêt à scroller, mes notes sont là, on peut y aller !

Sur le plan technique d’abord : réussite totale. Les mouvements de caméra, les axes choisis et l’assombrissement permanent entretiennent tout au long du film un profond sentiment de malaise.

Le format de projection en Flat 1,50 (quasi carré) accentue encore davantage cette sensation d’enfermement dans une spirale infernale.

Le scénario est redoutablement bien écrit, avec un rythme volontairement lent qui finit par devenir angoissant. La manière dont sont abordées la dépendance affective, la jalousie et la peur de perdre l’autre jusqu’à en devenir démoniaque et absurde sonne particulièrement juste.

Là où l’intrigue est vraiment maligne, c’est qu’elle modernise le concept du génie et du vœu. Ici, c’est une branche que l’on casse pour que le souhait se réalise. L’image est excellente : cette branche, sur laquelle repose le désir d’être aimé par la personne que l’on idéalise, est vouée à la destruction dès la première seconde.

Notre personnage principal achète cette branche dans un écrin tout droit venu d’une boutique de spiritisme (merci pour la pub, sérieux...) et fait le vœu que Nikki, son amie d’enfance, l’aime plus que tout au monde. Il n’a jamais eu le courage de lui dire de vive voix, ce n’est pourtant pas faute de s’être entraîné…

Et ça marche. Nikki tombe en extase. Sauf qu’elle n’est plus vraiment la même. Au départ, c’est extrêmement subtil, puis le malaise s’installe jusqu’à devenir franchement terrifiant.

Tout ce qui semble merveilleux au début de cette relation devient progressivement le cœur du problème : ne plus pouvoir se passer de l’autre, vivre au rythme de ses messages, mentir pour attirer davantage son attention…

Le film pousse à l’extrême tous les travers d’une relation fondée sur la dépendance affective, grignotant au passage le ciment (ça, c’est Xavier…) de leur amitié.

Une femme entièrement dédiée à son compagnon, disponible en permanence, toujours d’accord, qui prépare sa gamelle, surveille la moindre intonation, interprète le moindre geste, veut constamment être avec lui et finit par vivre uniquement à travers l’autre.

Le film nous le met littéralement en gras et surligné : ce n’est pas ça, l’amour.

Comme dans beaucoup de relations, le héros finit par se lasser de son propre vœu, regrettant l’époque où ils étaient simplement des amis très fusionnels et où il n’éprouvait que de l’attirance.

Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est que la vraie Nikki est emprisonnée, spectatrice impuissante du démon qui agit à sa place.

Celui-ci pousse progressivement Nikki à faire de son petit ami le centre absolu de son existence. Son entourage, comme le spectateur, trouve rapidement ce comportement inquiétant.

Le film monte lentement le curseur jusqu’à l’extrême : Nikki s’inflige des blessures, menace son compagnon pour de simples exagérations de situations… et l’escalade fonctionne parfaitement.

La performance d’Inde Navarrette est incroyable. Elle provoque un véritable sentiment d’effroi. Un film d’horreur qui fait réellement peur au premier degré est devenu rare, et Obsessions y parvient.

Les sous-thèmes sont eux aussi très intéressants : le consentement, mais aussi la manière dont une personne reçoit cet amour envahissant, sans que celle qui l’exprime comprenne qu’elle est en train de faire souffrir l’autre.

C’est d’abord un très bon film, puis un excellent film d’horreur. Il traite de sujets auxquels beaucoup sont confrontés dans la vraie vie. Le fond reste crédible ; seule la forme est volontairement poussée à l’extrême afin de mieux servir son propos.

On en attraperait presque la phobie de s’attacher.

La musique, à mi-chemin entre l’orchestral et l’électro, accompagne parfaitement l’ensemble. Mon seul regret concerne les traditionnels jumpscares accompagnés d’une brusque montée du volume : c’est du déjà-vu, même si cela reste redoutablement efficace.

Je vous le conseille. Et si vous avez déjà connu une relation marquée par la dépendance affective, le film pourrait résonner ! Pour une fois, on est placé dans la peau de celui qui reçoit cet amour envahissant. Une expérience rare, troublante, mais ô combien nécessaire.

Aimer quelqu’un très fort sans que ce soit partagé, bref, le vouloir très fort n’y change rien, si ce n’est pas réciproque peut importe le sortilège : les choses sont ainsi.

Ce film le démontre de manière brutale, mais rappel deux choses essentielles : l’amour est un consentement mutuel et posséder l’autre de peur qu’il s’en aille n’évite jamais le drame !

Allez le voir ! Pur chef-d’oeuvre !

Interdit -16 ans, attention ici c’est justifié