La critique d’Anth Au Ciné

Evil Dead Burn est sans doute l’épisode le plus brutal de la saga. Sébastien Vaniček ne fait jamais dans la demi-mesure et livre un déluge de violence graphique, de gore et d’effets pratiques particulièrement réussis. Les amateurs du genre seront largement servis.

Là où le film m’a le plus convaincu, c’est dans sa mise en scène. Les transitions sont inventives, le travail sur les cadres est soigné et plusieurs plans sont vraiment marquants. Souheila Yacoub porte également très bien le film. Elle a la classe et une ressemblance avec Melissa Barrera, ce qui est un très bon point. J’ai aussi apprécié la French touch apportée par le réalisateur, avec quelques références discrètes à la France.

En revanche, mon principal regret concerne le rythme. Le film ne s’arrête quasiment jamais et enchaîne les attaques sans véritable respiration. À force de maintenir une intensité permanente, la tension finit forcément par diminuer. On sent pourtant que le scénario a envie de développer davantage sa mythologie, notamment autour de la dague et de son lien avec le Necronomicon. Malheureusement, cette volonté passe au second plan au profit de la violence et de l’action, là où quelques scènes supplémentaires consacrées aux artefacts auraient permis des pauses tout en enrichissant l’univers et en donnant encore plus de poids à ce nouveau chapitre.

J’ai également apprécié que les Deadites utilisent davantage les souvenirs et la personnalité de leurs victimes, ainsi que les quelques touches d’humour noir apportées par le personnage de la grand-mère.

Enfin, j’ai relevé plusieurs clins d’œil, notamment une scène dans la salle de bain qui m’a personnellement rappelé Evil Dead Rise. Il s’agit toutefois de mon interprétation et non d’un hommage confirmé.

Au final, j’ai passé un bon moment devant Evil Dead Burn. L’essence de la saga est bien présente et j’ai apprécié que Sébastien Vaniček cherche à renouveler la formule avec l’idée de la dague, plutôt que de s’appuyer une nouvelle fois uniquement sur le Necronomicon. On retrouve également sa personnalité de réalisateur, avec plusieurs détails qui rappellent son travail sur Vermines. Malgré la dimension hollywoodienne du projet, il a su conserver sa patte.

On sent surtout que le film a été réalisé avec passion, avec une véritable envie de repousser les limites de la violence et de l’horreur dans la saga. Malgré les réserves évoquées sur le rythme et le développement de l’univers, cela reste un film d’horreur efficace et généreux, que je recommande volontiers.