Ça fait toujours quelque chose de revoir le nom de Steven Spielberg apparaître à la réalisation, et encore plus de retrouver le logo Amblin au début d’un film de science-fiction.

Avec Disclosure Day, il y avait forcément une attente particulière de ma part : Spielberg qui revient aux extraterrestres, c’est presque un événement en soi.

L’idée de départ est pas mal : et si l’existence des extraterrestres était cachée à l’humanité tout entière ? Et si quelqu’un décidait de révéler cette vérité, non pas par égo, mais parce qu’il considère que ce savoir appartient à tout le monde, comme le soleil ou l’eau ?

Sur ce point, le film pose de très bonnes questions. Le parallèle entre la croyance en Dieu, la place de l’humanité dans l’univers et l’idée qu’une forme de vie supérieure puisse exister sans forcément être divine est passionnant. Le film interroge notre rapport à l’inconnu, à la peur, à la foi, mais aussi à notre orgueil d’espèce persuadée d’être au sommet de tout.

J’ai également aimé le duo formé par Emily Blunt et Josh O’Connor. Daniel Kellner, informaticien de génie au passé trouble, fonctionne bien comme personnage traqué. Le début du film, avec cette cavale et cette volonté d’échapper à son ancien employeur, installe quelque chose d’assez prenant, bien que trop étiré en longueur.

Emily Blunt, elle, reste rayonnante. Colin Firth est également convaincant dans ce rôle de pseudo-méchant, froid et déterminé.

Le problème, c’est que toutes ces bonnes idées ne suffisent pas à faire un grand film.

Ce qui m’a le plus déçu, c’est la mise en scène. Pour un Spielberg, je l’ai trouvée étonnamment plate, presque basique. Là où j’attendais du souffle, de l’ampleur, une sensation de grandeur ou d’émerveillement, je n’ai pas retrouvé ce qui fait habituellement la force de son cinéma.

Même les scènes d’actions, si peut présentes, ne sont jamais filmées avec beaucoup d’éclat.

Et c’est peut-être là que Disclosure Day m’a perdu : le film préfère traiter ses thèmes aux travers de longues séquences de dialogues plutôt que de proposer un grand spectacle. Le problème, c’est que le film dure environ 2h25 et qu’il met beaucoup trop de temps à faire comprendre ses véritables enjeux.

Pendant une bonne partie de la première heure, j’ai eu l’impression que le récit étirait des éléments de personnages, pour ensuite se rendre compte qui ne servaient pas toujours pleinement la conclusion. Les allers-retours entre Daniel et le personnage d’Emily Blunt ne sont pas toujours bien intégrés, avec des coupes que j’ai jugé parfois maladroites entre deux situations qui peinent à vraiment se répondre.

C’est bavard, parfois trop.

Et surtout, ce bavardage n’est pas toujours compensé par de vraies idées de mise en scène.

C’est là que la comparaison avec Juré n°2 de Clint Eastwood me vient en tête. Ce n’est évidemment pas le même type de film, mais c’est aussi une œuvre très dialoguée, souvent en huis clos, réalisée par un cinéaste dans la fleur de l’âge. Pourtant, Eastwood arrivait encore à créer de la tension avec des visages, des silences, des regards et une pression morale qui montait progressivement.

Dans Disclosure Day, j’ai rarement ressenti cette même précision.

Les thèmes, eux, sont pourtant intéressants. J’ai beaucoup aimé la manière dont le film montre la différence entre les extraterrestres et les humains. Les aliens semblent empathiques, prudents, presque enclins à pardonner. Leur façon d’entrer en contact avec une espèce inconnue est à l’opposé de celle des humains, qui répondent par la peur, le contrôle et la maltraitance.

Mais encore une fois, l’exécution ne suit pas toujours.

Les effets spéciaux m’ont aussi sorti du film par moments. Les extraterrestres fonctionnent plutôt bien, notamment parce qu’ils sont montrés à travers des images d’archives à la patine analogique, ce qui masque intelligemment les défauts. En revanche, les scènes où ils prennent l’apparence d’animaux pour approcher les humains sont beaucoup moins réussies.

Les cerfs et les renards numériques sont mal incrustés et font tâches au milieu du reste.

La fin, en revanche, m’a plu. Elle réconcilie un peu avec les intentions du film. Elle continue à interroger notre rapport à l’inconnu, notre peur de ne pas être seuls, et surtout notre difficulté à accepter qu’une forme de vie supérieure puisse exister sans correspondre à notre idée de Dieu.

C’est parfois un peu pompeux dans l’exécution, mais l’idée reste forte.

Au final, Disclosure Day est un film décevant. Ses sujets, son rapport à la foi, sa réflexion sur le droit au savoir, son regard sur l’humanité, et plusieurs acteurs très solides.

Mais c’est un Spielberg qui m’a frustré.

Parce que tous les moments où j’attendais du Steven Spielberg, je n’ai justement pas retrouvé Steven Spielberg. Je n’ai pas retrouvé la magie, le vertige, l’émerveillement ou même cette capacité à transformer une idée simple en pur moment visuel. Disclosure Day est un film intelligent qui manque cruellement d’émotions.

Souvent intéressant, mais aussi trop long, trop bavard et trop sage pour ce qu’il promettait.

J’aurais aimé être émerveillé. J’ai tout juste été intrigué.

Et pour un retour de Spielberg aux extraterrestres, eh bien je suis très déçu…