La critique d’Anth Au Ciné

Attention les chaises, il y a le chèque de caution !

Points positifs : la réalisation, le casting, les décors et la bande-son rendent l’immersion réussie.

Mais alors après, le château de cartes s’effondre !

Après un premier acte qui développe le personnage principal, ses névroses et la mise en abyme des meubles empilés, avec le fait qu’il reste prisonnier de ses travers et du renfermement sur lui-même, ce personnage est intéressant.

Et il devient d’un seul coup un simple élément aspiré par le décor, sans même qu’on sache pourquoi.

Passé le cap des balades dans les backrooms et des empilements de canapés et de porte-manteaux, le film nous balance un tas d’hypothèses sur ces lieux, sans jamais donner de conclusion à son histoire.

Une repompée de Stranger Things à peine masquée dans l’idée, la métaphore du temps qui passe n’est pas développée, et le dernier acte nous dit : non, en fait, on fait des IRM… Quoi ?

À la première ligne du générique de fin, on tombe des nues en s’apercevant que toutes ces déambulations dans les pièces jaunes ont manqué de surprises et de jump scares.

Mention positive pour les séquences en fan footage, qui sont le pic de tension du long-métrage : ça, c’est réussi !

La réalisation est irréprochable et l’acting excellent, mais le scénario se la joue à la Ari Aster. Sauf qu’avec la conclusion d’Hérédité, on peut assembler une bonne partie du puzzle, et c’est là tout le charme de la chose.

Ici, on ne sait pas comment inscrire les backrooms dans notre dimension. Les métaphores, on les a comprises : c’est martelé ! Mais au service de rien. Au final, les moments d’ambiance et de tension n’ont servi à rien, parce que ce film n’a pas de fin.

Ça a beau être réussi techniquement, la salle a soufflé au rallumage des lumières.

Mais c’est un premier film, et ce jeune réalisateur a beaucoup de talent. Cependant, le film n’est pas abouti au niveau du scénario ; les multiréférences du schéma psychique ne suffisent pas. Enfin, c’est mon avis.

Le film se la pète sur des airs auteurisants pendant quasiment deux heures, sans être capable de nous offrir une fin ou un twist marquant… Quelle déception !

Il pointe du doigt les gens qui choisissent de vivre seuls en disant : regarde, ce vide peut t’aspirer et rendre fou, ne reste pas bloqué ! Allez, tais-toi !

Du coup, comme le film m’a énervé, j’ai mis le canapé à l’envers et mes scanners d’IRM sur le porte-manteau.